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Un secteur en pleine révolution numérique

Le secteur de la construction est au centre de défis économiques, sociétaux en environnementaux. Avec le BIM, le secteur est entré dans sa « révolution numérique » et a entamé une nouvelle étape stratégique de son développement.

Comment peut-on mesurer aujourd’hui la progression du taux d’adoption du BIM dans les projets de construction et de rénovation ? Des statistiques officielles n’existent pas actuellement à grande échelle. Il faut donc considérer cette question sous un autre angle.

Adoption ou recommandation du BIM dans les secteurs publics

Depuis le milieu des années 2010, il est intéressant d’analyser les décisions des pouvoirs publics quant à la promotion du BIM.

Dans certains pays, les autorités n’ont pas hésité à rendre le BIM obligatoire dans les projets publics. Dans d’autres pays ou régions, le secteur public investit significativement dans des actions de promotion et de recommandation des outils BIM.

À l’échelle de l’Europe, depuis 2017, l’Union européenne reconnait l’importance stratégique du BIM pour le secteur de la construction.

Le BIM est en marche et le secteur public, tant comme donneur d’ordre que comme prescripteur, est un acteur important dans la promotion de l’usage du BIM.

Des pays qui imposent ou recommandent le BIM

En Grande-Bretagne, dès le début des années 2010, le gouvernement en place a promu le BIM dans le secteur des marchés publics de la construction. Le but est de réduire le coût des grands projets infrastructurels et de construction de 20%. Depuis 2016, le BIM Niveau 2 est même devenu obligatoire pour tous les bâtiments publics.

Depuis 2012, les Pays-Bas ont rendu le BIM obligatoire pour tous les grands projets publics, pour les phases de conception, construction et gestion & maintenance des bâtiments construits.

Les pays scandinaves sont également des précurseurs dans l’adoption du BIM. Citons notamment la Norvège, la Finlande et le Danemark où les modèles 3D BIM sont obligatoires dans les projets publics et ce, pour tout le cycle de vie des bâtiments. Le secteur privé suit le mouvement et intègre également le BIM depuis 2010.

Singapour est connu pour être un précurseur dans le digital et notamment l’e-gouvernement. Le BIM est également utilisé pour les demandes de permis d’urbanisme et des modèles 3D sont soumis dans des demandes numériques de permis. Le gouvernement a imposé le BIM qui permet de réaliser des gains de productivité significatifs, de l’ordre de 25%.

Tous les pays européens ont un programme BIM en cours et la plupart ont rendu le BIM obligatoire pour les grands projets de construction.

Le BIM : instrument stratégique pour l’Union européenne

La construction représente 9% du Produit Intérieur Brut des pays de l’Union européenne et le secteur emploie 18 millions de personnes.

Le secteur de la construction est considéré comme un acteur important dans la gestion de défis comme le changement climatique, l’usage efficace des ressources, l’urbanisation ou encore la lutte contre le vieillissement des infrastructures.

Pour l’Union européenne, le BIM est source de gains de productivité significatifs. C’est un outil stratégique de réductions de coûts, d’amélioration de l’efficacité, de la productivité et des opérations. Le BIM augmente la qualité des infrastructures et est aussi un moyen d’améliorer les performances environnementales.

Dès 2017, la Commissaire européenne Bienkowska en charge du marché intérieur, de l’industrie, de l’entrepreneuriat et des PME souhaitait que les marchés publics de l’ensemble des pays de l’Union puissent requérir l’usage du BIM pour les projets de construction, rénovation et d’infrastructures. Selon la Commissaire.

« Les marchés publics, qui représentent la majorité des dépenses consacrées à la construction, et les décideurs politiques peuvent jouer un rôle clé afin d’encourager une utilisation accrue du BIM à l’appui de l’innovation et de la croissance durable, tout en y associant activement nos PME et en améliorant le rapport qualité-prix pour les contribuables européens ».
Elżbieta Bieńkowska

Des études réalisées par Mc Kinsey et BCG prédisent qu’une adoption plus large du BIM permettra de débloquer 15 à 25 % d’économies sur le marché mondial des infrastructures.

Il s’agit là du changement technologique ayant la plus forte probabilité d’avoir un impact majeur sur le secteur de la construction. L’adoption du BIM en Europe permettrait au secteur de la construction de réaliser annuellement 130 milliards d’euros d’économies. Cette incidence directe paraît même faible si on la compare aux retombées indirectes (sociales et environnementales) dont pourraient bénéficier les programmes en matière de changement climatique et d’utilisation efficace des ressources.

L’Union européenne a investi depuis plusieurs années dans des outils pédagogiques et formateurs pour aider le secteur public à introduire et déployer le BIM dans ses projets de construction et d’infrastructures. Le but de déployer le BIM dans l’Union est de construire avec le secteur privé un marché de la construction numérique compétitif et ouvert, pour devenir une référence mondiale.

Pourquoi les pouvoirs publics recommandent l’adoption du BIM

Plusieurs études ont montré que le secteur public a joué un rôle important dans la crédibilisation du BIM, en créant un sentiment de confiance par rapport à la démarche d’adoption du BIM et ses avantages :

  • Une meilleure gestion du climat, en optimisant la conception des bâtiments pour réduire les émissions de carbone.
  • Un secteur plus compétitif, avec des projets de construction réalisés plus rapidement, à moindre coût.
  • Des bâtiments et infrastructures de meilleure qualité, offrant un plus grand confort d’usage, mais aussi des coûts de gestion et de maintenance réduits.

Grâce à leur action de prescripteur, les pouvoirs publics montrent la voie à suivre à l’ensemble du secteur de la construction, pour leurs propres projets (secteur public), mais aussi globalement au niveau politique.

Adoption du BIM dans le secteur privé en Belgique

La Belgique ne dispose pas d’une législation spécifique favorisant l’utilisation du BIM dans les marchés publics, une démarche laissée jusqu’à présent principalement à la responsabilité des entreprises du secteur privé.

Ainsi, un grand nombre d’entreprises générales de construction, généralement de classe 8, ont déjà enclenché une dynamique BIM pour la gestion de leurs projets nationaux ou internationaux.

Ces grandes entreprises belges représentent environ 15% du marché de la construction. D’autres entreprises impliquées dans le processus de construction/rénovation ou dans la gestion de bâtiments et d’infrastructures ont également amorcé la même mutation. Il s’agit de bureaux d’architecture et d’études, de fabricants de matériaux, d’entreprises de construction spécialisées, de sociétés de promotion et gestion immobilières, etc. Ils ont fait appel à des partenaires industriels ou à l’appui de sociétés spécialisées comme TASE pour déployer le BIM dans leur entreprise.

Transformation numérique en Belgique

Les fédérations et organisations professionnelles, comme la Confédération de la construction, le CSTC, l’ADEB, l’IFMA, le G30, etc. appuient cette transformation numérique du secteur.

Parmi celles-ci, le Centre Scientifique et Technique de la Construction (CSTC) a initié une dynamique BIM importante pour stimuler et coordonner son usage en Belgique. Il a ainsi créé le Comité Technique ‘BIM&ICT’.

TASE participe également aux travaux de ce comité, dont les membres ont pour tâche de représenter la profession dont ils sont issus. Ils veillent aussi à ce que les actions de recherche, de développement, d’information, de formation et de normalisation soient en phase avec les besoins qu’ils rencontrent. Cependant, même si les pouvoirs publics ne sont pas directement impliqués dans le déploiement du BIM en Belgique, ils en facilitent l’utilisation dans les projets de construction à travers l’octroi de fonds publics aux projets innovants.